Quelques questions posées à la tante Frédérique qui est arrivée au moment où Eloïse sortait ses premiers cris.
Situation : Frédérique est la sur aînée de la maman d'Eloïse. Elle a été la première sur les lieux à la naissance.
Sit@ude : " - Frédérique, vous avez assistée à la naissance dEloïse. Comment cela sest il passé ?"
Frédérique : "
- Eh bien jai reçu un coup de téléphone entre 8h15 et
8h30 sur mon lieu de travail. Cétait ma sur Anne qui
me disait quelle ne se sentait pas bien. Elle me demanda de
la rejoindre tout de suite. Jai pris la voiture et me suis
rendue sur les lieux.
Immédiatement après avoir ouvert la porte de
lappartement, j'ai pris le téléphone et j'ai appelé le
SAMU, tandis que Anne avait déjà perdu les eaux. Mon
interlocuteur ma posé des tas de questions du genre :
" - Quel âge à la mère, à quel mois en
est-elle ?
".
Ensuite, la personne ma conseillé de ne pas
ménerver car le SAMU allait arriver. Difficile de rester
calme dans ces conditions.
Quand jai raccroché le téléphone, Anne sétait
allongée sur le canapé et ma dit " Fred, la
tête commence à sortir, ne panique pas. "
Très vite la tête est sortie, puis le corps et jai attrapé le bébé dans mes mains. Je lai amené tout de suite sur le ventre de Anne.
Jai ensuite rappelé le SAMU pour leur dire quil se dépêche car la petite était née."
Sit@aude : " - Avez-vous remarqué quelque chose ? "
Frédérique : " - Je nai rien vu de spécial, les pompiers non plus dailleurs. Donc après avoir récupéré des serviettes dans la salle de bain, nous avons couvert le bébé. Les pompiers sont ensuite arrivés, ils ont coupé le cordon ombilical et lui ont mis une sonde dans le nez du bébé pour nettoyer les sinus je pense.
Sit@ude : " - Le bébé a-t-il crié tout de suite ? "
Frédérique : " - En fait dès que la tête est sortie du ventre il a commencé à crier. "
Sit@ude : " - Que sest il passé ensuite ? "
Frédérique : " - Anne sest levée et est montée dans le camion du SAMU pour aller vers lhôpital. De mon côté, jai prévenu Philippe (le papa), et ma mère. Il fallait aussi que je moccupe de Rémi, le frère dEloïse, alors âgé de 3 ans. "
Sit@ude : " - A-t-il assisté à laccouchement ? "
Frédérique : "
- Oui, en quelque sorte. Il était en train de déjeuné tout
seul comme un grand dans la cuisine.
Il a fallu le rassurer car sa maman avait été emmenée par les
pompiers avec le bébé. Il était plutôt content. Il na
rien vu de laccouchement car il déjeunait, il a juste
entendu le cri du bébé.
Les cinq minutes de ma vie les plus longues ont étaient celles
pendant lesquelles jai attendu les pompiers. Ce fut mon
premier accouchement... "
Sit@ude : " - A quelle heure est né le bébé ? "
Frédérique : " - Eloïse est née à 9h35 en un petit quart dheure, le mercredi 31 août 1994. "
Sit@ude : " - Quand avez-vous appris la trisomie dEloïse ? "
Frédérique : Le soir même, on a appris par téléphone quEloïse était trisomique. Maman a dit : " Il ne faut pas pleurer devant Anne, il faut aller la voir car elle ne va pas bien ".
A lhôpital, jai demandé à Anne ce quétait la trisomie et elle ma répondu que cétait la mongolie.
Sit@ude : " - A-t-il été question dabandon ? "
Frédérique : "
- Non, je ne men souviens pas. Mais je me souviens
quEloïse avait un problème de cur et nous avons
souhaité le décès de lenfant dans les trois mois qui ont
suivi. Il y avait un problème de valve et il nétait pas
question de lopérer, il me semble.
Finalement le problème de la valve sest résorbé et
Eloïse est là aujourdhui.
Sit@ude : " - Comment se sont déroulés les premiers mois ? "
Frédérique : " - Il fallait absolument soutenir Anne moralement et on savait quEloïse aurait des problèmes respiratoires jusquà 1 an. Pendant près dun an, jallais une fois par semaine chez Anne pour qu'elle puisse passer une nuit complète. "
Sit@ude : " -Y-a-il des choses qui vous ont marqué ? "
Frédérique : Oui,
par exemple, les gens disaient quelle ne marcherait pas à
1 an or, Eloïse a fait ses premiers pas à 8 mois.
On nous a dit quelle passerait la langue, ce qui nest
pas vrai.
Il est vrai que ses réactions étaient plus lentes mais elle
comprenait malgré tout et elle répondait toujours par un
sourire.
Sit@ude : " - Avant de voir lenfant évoluer, aviez-vous eu des préjugés ? "
Frédérique : " - Oui car on ne connaissait pas la maladie. Aujourdhui, on vit avec et on fait le maximum."
Sit@ude : " - Comment a été le corps médical ? "
Frédérique : " - Il ny a pas eu de suivi à la sortie de lhôpital."
Sit@ude : " - Quattendez-vous de la diffusion de votre témoignage sur Internet ? "
Frédérique : " - Jespère avoir des contacts et connaître dautres réactions. "
Sit@ude : " - Comment vous occupez-vous dEloïse aujourdhui ? "
Frédérique : "
- Chaque mercredi matin je la conduis à lhôpital pour une
séance de 30 à 45 minutes.
Elle fait de la gymnastique, elle travaille avec une institutrice
spécialisée, elle chante. Elle peint, elle colorie, elle fait
des puzzles... Lhôpital suit son évolution et accentue
leur action sur ce quelle assimile mal. "
Sit@ude : " - Quavez-vous à ajouter en conclusion ? "
Frédérique : " - Les enfants trisomiques sont souvent de bons imitateurs. Ils enregistrent tous vos mouvements. Par contre un peu tardivement de temps en temps. Par exemple elle répète à la maison les mouvements quelle a vu au jardin musical. De même qu'elle aime imiter sa maîtresse en train de gronder. A tel point quelle reprend les gestes de son institutrice agitant un crayon quand elle gronde les enfants.
FIN.
© Sitaude. (2000)
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